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- Les légumes déclassés

Les légumes déclassés

Vous avez l’habitude de voir sur nos points de vente des aubergines dans leur tailleur violet impeccable, des concombres en costar vert sombre immaculé ou encore des potimarrons arborant leur chatoyant manteau au galbe irréprochable. Contrairement à ces légumes au parcours sans accroc qui se bousculent sur le marché, quelques spécimens aux Jardins ne sont pas sélectionnés pour les étals. Ces individus se font « déclasser » : parfois ils ne sont pas assez mûrs (ils ont décroché de leur branche initiale), ou le sont trop (ils n’ont pas réussi à se vendre, puis de retour au frigo un licenciement économique a eu lieu pour faire de la place à leurs collègues frais, plus prometteurs). Certains ont une forme originale à cause d’attaques de parasites (les choux aussi peinent à se remettre d’aplomb après une maladie longue durée) ou ont été malencontreusement abîmés (dur de s’intégrer avec un handicap même quand vous êtes une belle carotte !). D’autres se sont naturellement développés sous une apparence si inhabituelle qu’ils semblent originaires d’autres pays ! Le passé des légumes déclassés est très varié. Mais ne croyez pas que cette joyeuse bande de légumes parfois accidentés, souvent hors normes, mais toujours uniques, se laisse dépérir ! Car ce n’est pas le compost ici ! Ils n’en restent pas moins savoureux et capables de s’insérer dans une bonne soupe voire un gratin. Finalement, c’est pour chacun d’eux une occasion de prendre un nouveau départ, en passant éventuellement par une (trans)formation finement assaisonnée et de trouver rapidement sa place dans un délicieux plat qui le mette en valeur.

Héloïse, jardinière – ou courgette fièrement déclassée